Le zombie est une figure cinématographique fondamentale : il est avant tout une image, dépourvu d’émotions ou de subtilité psychologique.
Dans le cadre du festival RIAM 10 à la librairie Histoire de l’œil, The Bells Angels mettent en espace les éléments d’un film potentiel : « Alterzombie », une bande sonore d’Antoine Kogut et Nicolas Motte, un ensemble de sérigraphies et de dessins ainsi que cette publication d’un recueil de textes de différents auteurs traitant d’histoires de zombies sous forme de nouvelles, poèmes, essais ou séquencier de film.
A travers la figure du zombie, The Bells Angels s’intéressent à l’Unheimlich freudien, au traumatisme, à la modernité, à l’accident, à l’épidémie, à l’abject, au virtuel, au grotesque, au déni de la mort, de la chair, au rêve, à la peur, au défoulement, au spectacle, au rire, au sublime, à la ruine…

 

Le zombie est une figure cinématographique par excellence: dépourvu d’émotions ou de subtilité psychologique, il est avant tout une image. “Alterzombie” est alors un défi de traduction en texte de la figure du zombie, posé par The Bells Angels – le duo d’artistes Julien Sirjacq et Simon Bernheim – à des auteurs contemporains issus des domaines les plus divers, de la poésie à la philosophie.
Le zombie va ainsi se muter en personnage de nouvelle, d’essai ou de scénario de film et empruntera autant des formes métaphoriques – à l’image des questions posées par le roman mort- vivant ou des caméras de surveillance qui tournent sans spectateur – que des formes fictionnelles, détournant les stratégies plus gores de la pulp fiction. S’il est issu de la culture vaudou en résistance à l’esclavage, le zombie apparaît encore aujourd’hui comme une figure de la modernité, à travers les motifs de la contamination, l’aliénation, des peurs collectives d’envahissement, de la représentation des foules au cinéma ou du refus de la psychologie en littérature. Au final, les zombies peuvent d’ailleurs apparaître comme des “affamés de vivant” cherchant à contrarier notre condition de mortels, tel que l’affirme Karim Charredib.

 

Pedro Morais